Bonjour,
L'ambulance arrive. Je monte ou plutôt nous montons. Mais pourquoi mon mari est-il si grave ? Combien je voudrais qu'il soit heureux comme moi en cet instant !
Les rideaux de l'ambulance sont tirés. Mais pas assez pour lui. Aussi il se charge de bien les fermer afin que mon regard ne puisse voir le ciel.
Comment lui faire comprendre qu'à présent il n'existe aucune frontière qui puisse m'isoler d'avec le Ciel.
Car, par cet Appel Surnaturel, je suis en com
munion avec le ciel.
Nous arrivons à destination. Je n'oublierai jamais ce que j'ai ressenti en comprenant où je me trouvais. On ne m'avait rien dit.
C'est dans un asile spychiatrique. Et, ici : qui va me faire confiance ? là où la parole ne comptera pour rien. Nous sommes en 1957 donc dans un ancien asile tenu encore en ce temps par des religieuses.
C'est ici que j'ai ressenti au plus profond de moi-même comme une dictature et, de l'Eglise et de la Science puisque livrée par le serviteur de l'Eglise. Puisque selon lui, cela n'était pas son rayon, mais le rayon du docteur et ensuite le ou les serviteurs
de la Science.
Je comprends que je puisse poser un problème. Je ne viens pas d'un Carmel ou d'un Monastère ou de toute autre communauté religieuse. J'ai un mari et des enfants.
Ici toute liberté m'est retirée pour aller annoncer ce que je devais annoncer. Ce Grand Bonheur ! la Bonne Nouvelle !
Dans cet ancien asile, il y avait un crucifix dans le dortoir. De la fenêtre au crucifix, du crucifix à la fenêtre, combien d'aller et de retour ? Cette fenêtre, je la mesure en tout sens. Elle est petite haute.
Il faut que je me sauve pour aller annoncer ma Bonne Nouvelle !
Je ne le pourrai jamais. Elle a tout pour pousser au désespoir. Mais, voilà que le désespoir n'a pas de prise sur moi. Maintenant, que j'ai la certitude que tu existes bien mon Dieu.
Je vais t'appeler combien de fois. Toi Seul le sait. Cent fois, plus, moins ? Je ne sais pas , à genoux, je te prie, cette soif de liberté que j'ai ressentie.